Lundi
Bac 2008, c'est parti.
Aux vues des taux de réussites sans cesse croissants au bac, même pendant les plus grandes grèves des lycéens comme en 2006 et la mobilisation contre le CPE, on est en droit de se demander si le bac est bradé et si ce diplôme a encore de la valeur ?
Faudrait-il le remplacer par un contrôle continu, ce qui favoriserait les élèves qui bossent bien toute l'année et ceux qui, pris de panique perdent tous leurs moyens le jour J ?
Passer son bac c'est pourtant parfait pour se donner un bon coup d'adrénaline.
Vous avez peut-être été comme moi traumatisé par cette épreuve, et même rêvé de le repasser bien des années plus tard.
Le bac ne vaut peut-être plus grand-chose, mais sans, on ne peut plus rien faire.
Et quoi que vous ayiez eu envie d'accomplir, vos parents vous ont sûrement rabâchés : "Passe ton bac d'abord".
Mardi
La France éliminée de l'euro de foot et la défense des 35 heures.
Quel rapport entre les deux ? Pas grand-chose à priori.
Sauf qu'au soir d'une défaite cinglante des français, synonyme pour certains de drame national, défaite pourtant prévisible après deux mauvaises prestations des français, c'est François Hollande, qui sur M6 commentait sans trop d'aisance la défaite des bleus; le jour de la mobilisation nationale pour la défense des 35 heures et des retraites.
On aurait préféré l'entendre sur d'autres plateaux télé, s'opposer à la politique de casse sociale du gouvernement ou pour commenter l'autre fait politique du jour, l'annonce du report de six mois du RSA (revenu de solidarité active) dont le lancement était prévu initialement le 1er janvier 2009.
Mais François Hollande, a préféré ce jour là se mobiliser pour le foot, pas de chance, un jour de défaite.
En somme tout un symbole.
Une dernière chose, que Mr Sarkozy s'épargne une visite d'encouragement aux sportifs qui disputeront les prochains jeux olympiques, histoire de ne pas trop leur leur porter la poisse, comme ce fut le cas pour les rugbymen et les footballeurs. Ca n'a peut-être pas de liens. Qui sait ? Mais sauvegardons nos quelques chances de médailles.
Mercredi
Le Royaume-Uni a ratifié le traité de Lisbonne.
Juste après le non Irlandais, les anglais pourtant eurosceptiques ont dit YES. C'est le parlement Britannique qui a voté favorablement; pas de référendum populaire non plus en Angleterre. Ceci explique peut-être cela.
Les dirigeants européens sont partagés sur le fait de faire revoter rapidement les Irlandais, qui bloquent le processus de ratification. Etrange comportement d'ailleurs, que celui de refuser la décision légitime de ce peuple.
S'il y a urgence, de trouver une issue, pour sortir de cette crise des institutions, n'oublions pas l'essentiel : il est aussi urgent de réconcilier les citoyens communautaires avec l'Europe, par la mise en place de politiques qui répondent à leurs préoccupations et d'instaurer rapidement un traité social pour contrer les dérives libérales de cette Europe. Sous peine de creuser encore un peu plus l'écart.
Le parrainage par un enfant de CM2 d'un des enfants français victimes de la Shoah a été abandonné par Xavier Darcos. Sage décision. Cette annonce soudaine et irréfléchie du Président de la république, avait suscitée une polémique justifiée. On le soupçonnait, à raison, de surfer sur l'émotion et sur la compassion.
Cela n'empêche toutefois pas le devoir de mémoire de s'exercer et de rappeler notamment à travers les livres d'histoires, les horreurs subies pendant cette guerre, au nom d'une politique raciale, de haine et de rejets. Une idéologie détestable, qui doit à jamais être combattue.
Jeudi
Le ministre de l'immigration (je ne prononce pas la suite qui me fait à chaque fois froid dans le dos)
annonce avec une certaine satisfaction une hausse de 80% en France, des reconduites à la frontière.
Dans le pays des droits de l'Homme, la politique du chiffre continue au détriment d'un traitement raisonnable et humain des étrangers.
Et la directive retour (directive qui fixe les modalités de renvoi des étrangers dans leur pays d'origine), votée la veille par le parlement européen, ne fait que justifier et amplifier cette politique de fermeture. Cette directive, appelée aussi directive de la honte par ses opposants, souligne le recul de l'Europe, terre d'asile et l'abandon des valeurs fondatrices, de liberté, de respects des droits de l'homme.
Il ne s'agit pas non plus d'ouvrir toutes grandes nos frontières, mais un minimum de rationalité dans la politique d'immigration, saupoudrée d'une bonne dose de respect et de dignité humaine, s'impose.
Vendredi
Fadela Amara, accompagnée du premier ministre François Fillon dévoile à Meaux le plan espoir banlieue, le énième après l'échec des précédents. Alors pourquoi celui-ci fonctionnerait mieux que les autres ? Les millions dépensés jusqu'alors, n'ont pas suffit à surmonter des difficultés sans cesse croissantes dans les banlieues. Mais laissons faire la détermination affichée de la secrétaire d'état. Les attentes sont énormes et ne laissent plus de place à la déception.
Un hic toutefois, il y a quelques semaines, la ministre de tutelle, Mme Boutin, n'était pas convaincue par ce plan, qui selon elle manquait d'ambition.
Belle affiche d'unité gouvernementale. Bon courage Fadela, il vous en faudra.
Samedi
C'est la fête de la musique. C'est la plus belle fête populaire à laquelle il nous est possible d'assister.
Cette fête a aussi un parfum spécial, peut-être parcequ'elle accompagne l'arrivée de l'été.
A Paris, les terrasses des cafés son pleines, les barbecues fument, les orchestres fleurissent dans tous les coins rues; les voix des chanteurs d'un jour, pas toujours justes se fondent dans les micros; qu'importe, cela me permet moi aussi de pousser la chansonnette. Peu importe le bruit et la cacophonie ambiante; les sourires sont sur toutes les lèvres, la fête est conviviale.
Des moments si rares qu'on aimerait qu'ils se renouvellent plus souvent.