Aujourd'hui 14mai, Israël fête le soixantième anniversaire de sa création.
Un état né du rêve sioniste de rassembler les juifs du monde entier sur les terres bibliques du peuple d'Israël; mais un rêve né sur les conséquences tragiques d'un holocauste qui coûta la vie à 6 millions d'innocents.
Un état juif est né, suscitant un espoir pour les uns et une catastrophe pour les autres : le peuple Palestinien qui refusa le partage de ses terres.
Des années de guerres ont fini par éloigner le rêve de la réalité, marquée par des drames, des larmes et des souffrances qui ont conduits irrémédiablement ces deux peuples voisins à refuser le chemin de la paix.
Pourtant, il n'existe pas d'autres alternatives pour entrevoir un avenir plus serein et en finir avec cette spirale incessante, faite de violence et de haine.
Je regrette et je "pleure" encore la mort de Rabin en 1995, qui quelques mois plus tôt à Washington, avait échangé une poignée de mains historique avec son vieil ennemi Arafat et était sur le point d'aboutir à un accord de paix.
Mais la haine d'un extrémiste juif de droite a brisé subitement ce rêve un moment effleuré.
Avec Rabin s'en est allé le temps de la gauche et des espoirs de paix qu'elle portait.
Depuis lors, la droite domine la scène politique d'un état, qui s'est éloigné de son idéal fondateur aidé en cela par une gauche dont les valeurs se sont diluées dans celles d'un pouvoir, belliqueux, hégémonique, arrogant, méprisant et depuis peu corrompu.
Car on ne peut pas bâtir son bonheur sur les malheurs des autres.
Le peuple Israélien et le peuple Palestinien ne sont pas responsables de la folie meurtrière de ses gouvernants.
L'un déteste l'autre mais le sort de l'un est étroitement lié à l'autre.
Aucun peuple ne mérite de vivre dans la peur ou dans la misère.
Je renouvelle donc mes espoirs de paix.
Il est urgent d'ouvrir des négociations sincères et de donner une nouvelle chance au dialogue.
Comme disait Rabin en 1993 dans un de ses discours pour la paix :
" Nous sommes pressés d'épargner les larmes de douleur d'une autre mère israélienne, les larmes d'amertume d'une autre mère palestinienne."
"Nous sommes pressés de voir une lumière s'allumer dans les yeux de voisins qui n'ont pas connu le moindre jour de liberté et de joie."
"Nous sommes pressés pour ces enfants qui naîtront dans un monde nouveau où « hostilité » et « guerre » ne seront plus que des mots oubliés, enterrés dans les dictionnaires."
"Nous marcherons doucement pour vous l'apporter (la paix) au plus vite. Nous en avons fait le serment."
Mais qui aujourd'hui pour tenir ce serment ?