J'ai mal à mon parti.
dimanche 16 novembre 2008 : Citoyenne Militante

Le congrès du parti socialiste qui s'est tenu à Reims ce week end, s'est terminé dans le désordre et la confusion, sans qu'aucune ligne politique ne s'en dégage. A mon grand regret, ce moment tant attendu par des milliers de militants, désireux de choisir un projet et une orientation pour sortir le PS de sa léthargie, a été marqué par la désunion, la bataille des égos et la haine d'un clan contre un autre.
La motion E de Ségolène Royale que je défends n'a pas été en mesure de rassembler une majorité. Non pas que les partisans de Martine Aubry et de Bertrand Delanoë, dont les projets se rapprochaient le plus du nôtre, n'aient pas pu le faire, mais je le dis sans réserve, n'aient pas voulu le faire.
Dès cette semaine, les efforts déployés par Ségolène Royal pour inclure les propositions des deux autres motions, ont été balayés d'un revers de main, sous de faux prétextes.
Pourtant le refus ne reposait pas sur des désaccords profonds; il n'y avait que des nuances entre ces trois textes et non de réelles divergences, comme c'est le cas avec la motion C que défend Benoit Hamon.
Le problème de l'alliance avec le modem n'était qu'un faux argument pour cacher la cause réelle de ce refus d'alliance.
Disons-le franchement, le problème s'appelle Ségolène Royal.
Il n'est pas question pour eux, de céder la direction du parti à celle qui a pourtant viré en tête à l'issu du vote des militants au soir du 06/11 dernier.
Le TSS (tout sauf Ségolène) a marché à fond tout ce week end. Tant d'énergie dépensé pour lui barrer la route, au dépend des idées, au dépend de réflexions et d'alternatives pour sortir de la crise économique et empêcher les problèmes sociaux qui en découlent.
Un front anti-Royal, finalement pas si uni que ça puisque ces trois motions A, C, D qui s'étaient proclamées idéologiquement compatibles, n'ont pas réussi durant la nuit des résolutions, à s'entendre, faute d'un accord sur les personnes… (sic)
Mais le plus éloquent arrive: je me suis demandé en écoutant les deux discours samedi et dimanche de Ségolène Royal, si tous les participants réunis dans cette salle étaient du même parti politique que le mien.
Tous ces sifflets, tous ces hurlements indignes des amis de Martine Aubry et disons le aussi un peu de Benoit Hamon, m'ont accablé. Il est de bon ton de parler d'union, de vouloir le rassemblement, mais que ces mots sonnent faux dans la bouche de ceux qui se sont livrés à ce comportement indigne, pitoyable et affligeant.
Comment pouvons-nous faire croire aux français qui assistaient désabusés devant leur télé à ce triste spectacle, que nous appartenions au même parti et que nous somme censés partager les mêmes idées, les mêmes combats, le même idéal humain.
Désolée de le dire ainsi, mais vous, ces militants socialistes, intolérants, irrespectueux et haineux, je ne me sens pas proche de vous, je ne me reconnais pas en vous, ni dans mon idéal de société, ni dans mes convictions profondes. Vous me faites honte de militer avec vous dans ce même parti qu'est le parti socialiste. Vous n'êtes pas mes "camarades".
J'appelle tous les militants socialistes, qui défendent nos valeurs, de respect, de fraternité et de tolérance, qui veulent en finir avec ce vieux parti et ses vieilles pratiques et qui se reconnaissent dans notre combat pour la rénovation, à venir massivement voter jeudi pour soutenir Ségolène Royal au poste de premier secrétaire, pour ouvrir ensemble une nouvelle ère au parti socialiste.
Nous pouvons et nous devons le faire.
Je publie ci-joint un billet écrit par une militante, Dominique, indignée comme je le suis et avec qui je partage ce soir les mêmes sentiments de douleur et de honte. Merci à toi de me permettre de le publier.