S'en est suivi la valse d'hésitation de Sarkozy pour assister ou pas à la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques, sa présence restant conditionnée à la reprise du dialogue entre les deux belligérants.
La colère obstinée des Chinois, marqué par l'appel au boycott des produits français et des voyages en France précipita l'envoi express de deux émissaires de choc, le président du Sénat Christian Poncelet accompagné de son ex futur successeur, Jean Pierre Raffarin, chargés d'apaiser les tensions entre les deux pays.

Pour réduire les pressions exercées par la communauté internationale à la veille des jeux olympiques, des rencontres précipitées eurent lieu entre Tibétains et Chinois, pour donner l'illusion d'une reprise du dialogue, le contexte ne laissait pourtant guère d'espoir à des avancées.

Mais cela suffit à notre président pour justifier sa présence à Pekin. Sa déclaration " "on ne peut humilier un quart de l'humanité" exprimait clairement sa volonté de préserver les relations entre les deux pays.

Deuxième victoire pour le régime Chinois.

Il y eut encore l'esquive du président qui pour ne pas froisser les autorités Chinoises, ne rencontra pas le Dalaï Lama lors de son voyage en France en Août dernier et préféra y dépêcher son épouse en guise d'apaisement.

Troisième victoire pour le régime Chinois.

Sarkozy a toujours craint les représailles. A chaque renoncement du président, les autorités françaises pensaient que les relations avec la Chine allaient se détendre. Il n'en ait rien. Les Chinois ont la rancune tenace.

Alors que Sarkozy s'apprête à maintenir une rencontre avec le Dalaï Lama le 06 décembre prochain avec d'autres prix Nobel en Pologne, le courroux des Chinois se fait à nouveau entendre.
Cette rencontre avec le chef spirituel des Tibétains, est à l'origine de l'annulation du sommet UE-Chine prévu lundi 1er décembre à Lyon et présidée bien sûr par Sarkozy, actuel président de l'Europe.
Le sommet France-Chine qui devait se tenir le lendemain à Paris a aussi été annulé.

Vous remarquerez que cette nouvelle pourtant de taille a été plutôt discrètement relayée par la presse et aucun communiqué officiel de l'Elysée n'a encore été rendu publique pour réagir à cette annulation.

Alors pourquoi la Chine en veut-elle tant à la France, alors que d'autres pays ont affiché une solidarité remarquée avec le Tibet et plusieurs chefs d'état ou de gouvernement ont courageusement rencontré le Dalaï-Lama lors de visites officielles et non en catimini et à l'étranger comme le fera Sarkozy ?

Il apparaît clairement que la France n'est pas un partenaire économique incontournable pour les Chinois et ces derniers s'attachent à le faire savoir. Ils utilisent les voltes faces du président français et les fluctuations de ses déclarations au gré de ses interlocuteurs pour maintenir la pression et entretenir le rapport de force qui reste bien sûr à leur avantage.
Qui plus est, humilier un peu plus la France au moment où nous présidons l'Europe est aussi un message délivré sous forme de menace au reste de l'Europe et qui sait aux Américains.

Plus que jamais, le fabuleux attrait de leur économie, suscite de nombreuses convoitises et Pekin à bien compris qu'ils disposent là d'un argument de poids pour peser sur leurs décisions politiques.

Tiendra, tiendra pas la pression? Comment l'Elysée va-t-il réagir dans les prochains jours ?
En pleine crise économique, Sarkozy pourra t-il se passer du très juteux marché Chinois et résister à la vindicte de Pekin ?

Ces questions méritent bien quelques réponses.

D'habitude si prompt à montrer ces gros bras face à de plus petites nations, on peut se poser la question de savoir comment il réussira cette fois à s'en sortir face à l'ogre Chinois ?